Focus sur la Photographie et l’Art contemporain

14.6.2010

Bhutan de Kenro Izu à Paris jusqu’en Août

Enregistré dans : Expositions — admin @ 17:25

kenro et yumiko izu à la galerie Marlat

Kenro Izu est venu la semaine passée présenter la série réalisée au Bhutan, exposée au musée Kiyosato et ayant fait l’objet d’une monographie chez Nazraeli Press. Il est venu en compagnie de son épouse, photographe aussi, et dont les oeuvres sont visibles dans les magasins Ralph Lauren.

Kenro Izu réalise lui-même les tirages au platine et regrette que cette technique ne soit plus enseignée à l’ICP de New York.

Si vous passez dans le marais , ne manquez pas cette exposition qui dégage un humanisme, une harmonie et une vraie douceur , avec un support très rare et de subtiles nuances.

bhutan kenro izu copyright

Communiqué de presse par Christophe Lunn de la galerie Marlat pour l’exposition Bhutan : “BHUTAN sacred within”

Les habitants du Bhutan appellent ce lieu le pays du dragon du tonnerre, un animal mythique, monstre composite mi-serpent mi-aigle, qui lie la terre aux cieux. Ce royaume indépendant, situé entre l’Inde et le Tibet, est un des berceaux du Bouddhisme, où la religion s’est développée sans interruption depuis plus de mille ans. Le Bhutan réussi à s’adapter au monde moderne tout en faisant valoir la philosophie d’interdépendance, dont le principe fondamental est que toute forme de vie est interconnectée. Le bonheur et la santé de l’homme dépendent du bien-être, de son environnement et des animaux qui y vivent. Remettant en question la notion de PIB (Produit Intérieur Brut) dont le calcul par les pays occidentaux ne prend pas en compte certains facteurs, comme le bonheur de ses citoyens, le 4ème roi du Bhutan, Jigme Singye Wangchuck, a institué que le GNH (Gross National Happiness - littéralement “bonheur national brut”) serait le baromètre de sa société. Toute action du gouvernement : dépenses publiques , innovation scientifique, etc… doit prendre en compte le bonheur potentiel procuré à son peuple.
Tel un photographe de monuments anciens au XIXème siècle, Kenro Izu a réalisé un pèlerinage dans ce pays indépendant perché dans les hauteurs de l’Himalaya, qui semble vivre dans un autre temps. L’évolution des paysages sacrés aux portraits, auxquels l’artiste s’essaye pour la première fois, nous permet de découvrir à la fois l’environnement et l’intimité d’un peuple dont la dignité humaine est garantie par les lois de son gouvernement.
Izu utilise une chambre Deardorff pour exposer des négatifs faits sur mesure de 35,56 x 50,8 cm (14 x 20 inches). Il réalise lui-même ses tirages sur du papier aquarelle méticuleusement préparé et sur lequel il a soigneusement appliqué au pinceau une émulsion de platine-palladium. Le développement, le rinçage et le séchage complètent un processus qui dure trois jours. La noblesse du tirage platine, sa douceur et sa précision dans la restitution des tonalités de gris, en font un des supports photographiques les plus recherchés et les plus appréciés des collectionneurs et des musées. Grâce à la subtilité des épreuves réalisées par l’artiste, les ombres et la lumière s’entremêlent pour traduire le combat intérieur de l’homme pour la paix de son âme. Izu restitue l’épanouissement de ce peuple, dont la culture, l’identité et l’environnement sont restés intacts.

KENRO IZU
Kenro Izu est né à Osaka, au Japon, en 1949. Il étudie à l’université de Nihon, au collège d’arts à Tokyo de 1969 à 1970. Puis il part à New York. En 1974, il monte le Kenro Izu Studio. Il démarre une carrière de photographe commercial, se spécialisant dans les bijoux et les objets précieux. Lors de sa première visite en Egypte en 1979, il est profondément marqué par les sites sacrés, construits avec des pierres immenses et un sens d’intemporalité. Cette expérience l’a conduit à démarrer la série Sacred Places à travers le monde. En 1983, il découvre la beauté et l’intensité atmosphérique des tirages platine/palladium de Paul Strand. Il décide d’utiliser ce procédé pour documenter sa série de sites sacrés et se procure une chambre Deardorff qui produit des négatifs 35,56 x 50,8 cm (14 x 20 inches). En 1984, lors de son troisième voyage en Egypte avec cette chambre, voyant le résultat des images, il est convaincu qu’il doit réaliser la totalité de ses photographies de cette manière. Il voyage à plusieurs reprises en Angleterre, en Ecosse, en France, au Mexique, au Pérou, au Chili et aux USA pour photographier les sites sacrés. La même année, il utilise sa caméra pour photographier des études de fleurs, titré Still Life. En 1993, il visite le site d’Angkor au Cambodge et est profondément inspiré par le sentiment éphémère ambiant. En même temps il est impressionné par le côté précieux de toutes les formes de vie au milieu des ruines du temple. A partir de son expérience à Angkor, il décide de visiter et photographier d’autres sites sacrés en Asie. Il traverse le Laos, le Vietnam, la Thaïlande, l’Indonésie, l’Inde, la Syrie, la Jordanie, la Birmanie et la Chine. La même année il commence une série de photographies du corps humain. En 1995, lorsqu’il réalise sa série Light Over Ancient Angkor, au Cambodge, il est témoin du nombre d’enfants victimes des mines antipersonnel, ou morts inutilement à cause du manque de soins médicaux ou de la pauvreté du pays. Il décide de créer un hôpital bénévole pour enfants à Siam Reap au Cambodge et de fonder une association à but non-lucratif : Friends Without A Border, à New York. En 1999, le “Angkor Hospital for Children” ouvre ses portes. Depuis, l’hôpital pédiatrique, qui compte 50 lits permanents, a traité et soigné plus de 650,000 cas d’enfants malades. En 1997, il visite pour la première fois les sites sacrés du royaume du Mustang, au Nord du Népal, situé dans les hauteurs de l’Himalaya. Il s’intéresse alors aux sites sacrés de l’Himalaya, qui inclus le Tibet, le
Ladakh (Inde) et le Bhutan. En 2002, il développe une technique de tirage Cyanotype sur platine, qui donne une image riche, ténébreuse et bleue, et restitue la beauté des ombres comme le sanctuaire intérieur d’un être humain. En 2004, il complète une série de ces tirages qu’il expose et réuni dans un ouvrage intitulé BLUE. En 2007, il termine une série intitulée BHUTAN sacred within, son premier travail de portraitiste, inspiré par le peuple du Bhutan, leur altruisme et le concept du “Gross National Happiness” (littéralement : Bohneur National Brut). En 2008, il démarre sa série INDIA sacred within afin de documenter la diversité des peuples, des lieux, de la culture et des religions qui constituent l’esprit de l’Inde.

L’année 2009 marque les trente ans de ses débuts photographiques, depuis sa première visite en Egypte. Le livre 30 Year Retrospective vient d’être publié et sera disponible à la Galerie Thierry Marlat. Les photographies de Kenro Izu sont présentes dans de nombreuses collections
privées et publiques, dont celles du Metropolitan Museum à New York, du Getty Museum à Los Angeles, du Canadian Center for Architecture au Canada ou du Kiyosato Museum of Photographic Arts, au Japon.
Parmi les neuf ouvrages consacrés au photographe, nous citerons ses derniers : BHUTAN sacred within et 30-year Retrospecive, édités par Nazraeli Press. Cette exposition est possible grâce au soutien du KMoPA (Kiyosato Museum of Photographic Arts). Nous tenons à remercier son directeur, Eikoh Hosoe, ainsi que Yuko Yamaji et toute son équipe.

galerie marlat dans le marais
Exposition visible du 10 Juin au 07 Août 2010 à la galerie Marlat , 2 rue de Jarente , 75004 PARIS ( Le marais ), non loin de la Maison Européenne de la photographie , 5 mn à pied du métro St Paul.


artprice

1.6.2010

Les ventes aux enchères Photo de Mai

Enregistré dans : ventes publiques — admin @ 20:06

Les mois d’avril et mai, d’octobre et de novembre marquent les temps forts des ventes de photographies entre Londres, Paris et New-York. En 2008, l’explosion de la demande et la hausse des prix avaient considérablement accéléré le rythme des enchères. Cette année-là, pas moins de 23 ventes entièrement consacrées à la photographie furent organisées par les trois leaders du marché : Christie’s, Sotheby’s et Phillips de Pury & Compagny générant 53m$. En 2009, le nombre de ventes spécialisées étaient retombé à 14 et le chiffre d’affaires amputé de 62%.

Après une sévère contraction du marché haut de gamme de la photographie, les clichés à plus de 10 000$, difficile à écouler en 2009, retrouvent le chemin des salles de ventes. L’année dernière, le ratio de photos adjugées plus de 10 000$ tombait de 33,8% à 19,7% à New-York et de 39% à 28% à Londres. Après les ventes new-yorkaises d’avril, 36,5% des clichés changeaient de mains pour plus de 10 000$. A Londres, 30,8% des lots ont passé ce seuil. Ces indicateurs positifs et quelques bons résultats pour les têtes d’affiches ne compensent pas totalement la déception de la vente Sotheby’s qui ravalait près de 64% de ses clichés le 20 mai pour un résultat de 931 700£, à mi-chemin entre les 1,5m$ de la vente photo du 13 mai 2008 et des 575 000$ enregistrés le 19 mai 2009.

La vacation Sotheby’s commençait mal : ne suscitant guère d’intérêt, les cinq premiers lots étaient ravalés. Le premier lot adjugé, un tirage albuminé du Boulevard de Strasbourg par Eugène ATGET partait au bas de l’estimation à 15 000£ (21 500$). Le lot suivant La Villette, Rue Asselin du même artiste était cédé sous son estimation à 19 000£ (27 200$). La salle s’est agitée pour le lot d’épreuves de BRASSAï (Ten Photographs) cédé 15 000£ contre une estimation de 9 000-12 000£ puis emballé pour une Calla Lily de Robert MAPPLETHORPE adjugée 85 000£, soit 25 000£ de plus que l’estimation haute. Cependant, la véritable vedette des ventes de mai est Irving PENN.

Demande soutenue pour Irving Penn
Quelques mois après le décès de l’artiste, les collectionneurs se trouvent dans l’urgence d’acquérir et livrent véritablement bataille pour quelques-uns des plus beaux clichés du XXème siècle. Pour répondre à cette demande avide, les maisons de ventes ont gonflé leur offre cette année et proposé 98 photographies d’Irving Penn entre janvier et fin mai 2010 contre 67 sur l’ensemble de l’année 2009. Le 14 avril 2010, la vente Three Decades with Irving Penn: Photographs from the Collection of Patricia McCabe donnait le ton avec sept enchères frappées entre 110 000$ et 260 000$ (Christie’s).
Le 20 mai 2010, la vente Sotheby’s fut en partie sauvée par Two Liqueurs, New York, tirage transfert en couleurs d’Irving Penn qui doublait son estimation basse et, par la même occasion, son précédent record pour une enchère gagnante de 120 000£ (172 000$). Autre surprise pour son portrait Pablo Picasso at la Californie triplant son estimation pour un résultat de 100 000£ (143 000$). Là encore, ce cliché double son précédent record (75 000$, Christie’s , New York). Chez Sotheby’s comme chez Christie’s, on doit à Irving Penn les plus beaux coups de marteau de ces cessions londoniennes. En effet, le meilleur résultat de Christie’s culmine à 72 000£ (103 000$), pour un Pompier, Paris issu de la série des Petits métiers et préalablement estimé 10 000-15 000£.

Chez Christie’s le 21 mai, signalons un record d’enchère pour l’Afrique sauvage vue par Nick BRANDT. Son impressionnant Elephant With Exploding Dust est parti pour 38 000£ (54 545£), talonnant une superbe vue du Nil de Gustave LE GRAY cédée 42 000 £ (60 000$, View across the Nile). Pendant ce temps, à Paris, Beaussant-Lefevre dispersait à Paris cinq photographies de Le Gray dans une gamme de prix beaucoup plus abordable de 450 à 3 000€ (550$ à 3 700$).
Malgré quelques invendus sous d’importantes signatures (Inez LAMSWEERDE van, Bettina RHEIMS, Massimo VITALI, Michel JOURNIAC, etc.), Phillips de Pury & Company a enregistré quelques beaux coups de marteau avec un portfolio de Robert Mapplethorpe cédé 60 000£ (X,Y and Z portfolios 86 000$), un Tirage au gélatino-bromure d’argent de Peter LINDBERGH, Helene Christensen, Italian Vogue, ET Mirage, California, United States cédé 48 000£ (68 822$), un portrait d’Audry Hepburn d’Irving Penn vendu 39 000£ (56 000$), Xteriors IX de Desirée DOLRON adjugé 52 000£ (74 557$) et Untitled (Penitent Girl) from Twilight de Gregory CREWDSON frappé 25 000£ (35 845$).

Le marché ne renoue certes pas avec les scores millionnaires d’un Richard PRINCE ou Andreas GURSKY en 2007, il ne s’en porte pas si mal pour autant mais n’a pas achevé sa phase de rémission.

Source © Artprice.com


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